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La Toile francophone vendredi 11 septembre 2009

Les iPhones qui explosent parlent français

Par Nicolas Dufour
Etonnant: les iPhones qui explosent se situent dans des régions francophones. Ces histoires colportées en France et en Belgique écornent l’image d’Apple, dont la communication exaspère certains observateurs. Et puis, ce téléphone multifonctions est-il vraiment profitable? Percera-t-il en Afrique, par exemple?

C’est une nouvelle manie chez les francophones: le goût des explosions. Ces dernières semaines, les dépêches relatant le fait que des iPhones éclataient comme des obus se sont multipliées. Hormis deux cas peu documentés aux Etats-Unis et en Angleterre, toutes les histoires – entre 10 et 12, selon les sources – émanent de France et de Belgique. Du Sud de la France, d’abord, ce qui a fait écrire à La Provence à propos de l’insolente santé économique d’Apple en ces temps de crise: «Apple: les ventes explosent... les produits aussi!». L’épidémie est remontée vers le Nord, touchant la région parisienne, puis a conquis le voisin belge, où, fin août, les journaux locaux et Le Soir annonçaient que «le phénomène des iPhones qui explosent a gagné la Belgique». Frappant un pauvre ado de 15 ans vivant à Sprimont, dans la région de Liège, qui «a reçu une décharge électrique et souffrait de maux de tête».

Apple n’a pas pour autant attrapé la migraine. Sous la pression de la Commission européenne, elle s’est fendue de quelques analyses et a réfuté illico les accusation d’une pression interne anormale dans l’appareil. Les histoires d’écrans implosant se révèlent parfois douteuses; toutefois, cette attitude jugée hautaine a enflammé la Toile francophone. La Libre Belgique juge ainsi que «le groupe qui tient visiblement à donner une image nette, conforme au look de ses produits, et excelle dans l’organisation d’événements médiatiques spectaculaires, n’est toutefois pas sans taches. A commencer par une communication verrouillée à outrance. Tout est filtré, prémâché, analysé, contractualisé, au point de pousser certains journalistes à faire l’impasse sur les rencontres ou même les essais de matériel.»

Évoquant l’affaire, dans les années 90, des seringues trouvées dans des canettes de Coca – qui s’était dégonflée, mais sur laquelle le fabriquant de boissons avait communiqué tous azimuts –, le site d’informations économiques E24 (du même groupe que 20 Minutes) fulmine: «Rien de tout cela chez Apple. Ni prise en considération, ni investigations sérieuses. Si les autorités administratives françaises et européennes n’avaient pas montré les dents, la marque continuerait d’ignorer avec un brin de condescendance la question. (Sur le site français d’Apple, il n’y a pas la moindre allusion à ces incidents).» Et de dénoncer: «Apple est une marque arrogante et cynique. Convaincue, à juste titre, qu’elle fabrique des produits supérieurs au reste du marché, que ses acheteurs sont d’une fidélité exemplaire, elle est réticente à investir dans les relations clients. Il ne suffirait pourtant pas de grand chose: former les cadres, donner plus de latitude aux managers locaux. Cela suppose aussi quelques moyens que la firme n’est pas disposée à déployer. D’un certain point de vue, elle a raison. Après tout son iPhone supposé explosif est en rupture de stock dans tout le pays. Donc pourquoi s’en faire.»

A propos de succès, il y a comme une injustice dans cette affaire de bombes téléphoniques. Le fait que, presque exclusivement, ce sont des iPhones parlant français qui sautent, occulte le triomphe de ce gadget en France. Une enquête du Figaro révèle que «Apple vient de se hisser cet été à la deuxième place du marché français des téléphones mobiles». Et elle le doit à une situation... que le siège de Cupertino n’a, en aucun cas, voulu.

En effet, dans l’Hexagone, le Conseil de la concurrence a contraint la firme à renoncer au monopole au profit d’un opérateur, qu’elle pratique aux Etats-Unis et dans la majeure partie des pays où elle vend son bijou. Avec, dans une moindre mesure, la Suisse, où deux opérateurs le proposent, la France est donc l’un des rares pays où cet appareil fait l’objet d’une concurrence entre les compagnies de téléphonie. Conséquence, poursuit Le Figaro, «l’iPhone est devenue une arme de guerre. Car un abonné dépense environ 15 euros de plus par mois avec un iPhone pour bénéficier d’un accès Internet illimité. La subvention pour l’appareil d’Apple est donc «40 % à 50 % supérieure à celle d’un portable traditionnel», estiment ses adversaires».

Seulement voilà: cette séduction des bobos croqueurs de pommes réussit-elle aux opérateurs? Relayés par Le Monde et Le Temps, les auteurs d’une étude danoise en doutent. Les sacrifices que les compagnies consentent constituent une grande prise de risque. «D’après nos recherches, aucun opérateur n’a augmenté sa part de marché, son chiffre d’affaire ou ses bénéfices grâce à l’iPhone», tranchent les analystes.

Et l’Afrique? Le continent appâte les opérateurs, car le téléphone mobile y gagne en popularité. Pour l’heure, dans la région, l’iPhone rapporte peu à la société californienne. Se basant sur une étude d’une firme de placement de publicité, le site spécialisé iGeneration indiquait en juillet que l’Afrique représente 1% des ventes de l’appareil. Mais il ajoutait: «La croissance du reste du monde est désormais plus forte que la croissance aux États-Unis.»

Sur le continent, c’est Orange qui se taille la part du lion en matière de monopole nationaux pour le téléphone à la pomme, comme l’indique son producteur lui même. Or, Jeune Afrique l’affirme sans ambages: «La bataille de l’iPhone se déroule aussi en Afrique». Sans citer de chiffres, Orange se dit d’ailleurs «très satisfait de ses ventes» dans cette région, mentionne le journal, qui conclut: «La question du prix des équipements est évidemment particulièrement sensible dans la plupart des pays africains, et les baisses de tarifs annoncées par Apple à l’occasion du lancement de l’iPhone 3GS, le 19 juin – la version 3G de 8 gigabits passe de 199 dollars à 99 dollars aux États-Unis –, sont de nature à bousculer rapidement l’ordre établi et les idées reçues.»

Sur ces marchés, le prix constituera le levier, ou au contraire, un repoussoir. Sur le site de France 24, à propos des dernières baisses de prix, deux internautes réagissaient: «Je suis très content de la baisse du prix de l’iPhone, mais chez nous en Afrique, précisément en République Democratique du Congo, l’iPhone coûte encore très très cher, nous ne savons pas pourquoi», écrivait l’un. Et l’autre: «Waouw, l’iPhone est 50% moins cher. J’espère que les commercants africains auront un peu de scrupule, et baisseront leurs prix, vu qu’un iPhone ancienne génération se vend à 460 euros. Ça ne m’étonne pas que le marché noir se développe à coté.» Attention, cependant, aux explosions. Dans les pays africains francophones, tout au moins.

Chaque vendredi, une actualité de la francophonie dans «La Toile francophone», sur www.letemps.ch


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